Un jardin potager au poste de santé

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Image15L’Hôpital des Belges a été construit, il y a 30 ans, sur un terrain de plusieurs hectares.  Les initiateurs du projet ont pensé que ce serait bien d’utiliser cette terre très fertile. Ils ont décidé d’équiper un hectare en eau : construction de puits, réservoir, irrigation.

Une décision judicieuse car en peu de temps le personnel s’est mis à faire du maraîchage et les légumes ont commencé à pousser.

Mais pourquoi faire du maraîchage dans un poste de santé ?

Comment fonctionne un poste de santé au Sénégal ?

Image12En très peu de mots : un poste de santé est dirigé par un « comité de santé ».  Le comité de santé est choisi parmi les élites de la commune ou du village, instituteurs, pharmaciens, dirigeants, tous bénévoles.  Une seule personne est rémunérée par l’état : l’infirmier chef de poste, plus connu sous le nom d’ICP. Les autres membres du personnel sont rémunérés par les rentrées financières du poste.  Les patients payent les consultations et les soins (moins de 1 euro), le comité de santé gère cet argent en bon père de famille et décide de l’attribution de ces fonds : achat de médicaments, petit matériel, rémunération du personnel.

Il est facile de comprendre que cette rémunération est très faible : elle se situe entre 75 et 110 euros par mois.  Ce qui est largement insuffisant pour faire vivre une famille.

D’où l’idée de rentabiliser la terre pour augmenter les revenus de l’hôpital et donc les revenus du personnel.

Pendant quelques années, le jardin maraîcher a très bien fonctionné.

Malheureusement la rebellion est passée par là.  Toute activité en dehors des bâtiments était devenue dangereuse.  On pouvait prendre une balle perdue.  Les rebelles venaient s’approvisionner en eau et maltraitaient toute personne se trouvant sur le terrain.  Au moment de la récolte, ils venaient se servir.  Bientôt le maraîchage a été abandonné.  Les installations ont été endommagées.

Lorsque le Docteur van den Branden et sa famille sont revenus à Ziguinchor, le personnel ainsi que le comité de santé lui ont posé le problème : dans un souci d’autonomie financière, comment augmenter les revenus du poste de santé ?   L’idée du maraîchage est très vite revenue sur le tapis et a été adoptée à l’unanimité.

AlterAfrique s’est chargée de remettre en état le périmètre destiné au maraîchage. Remise en état du réservoir, des puits, des canalisations, achat d’une pompe motorisée.  Le docteur Yves a de nouveau sollicité les membres de sa famille, ses amis, ses connaissances, ses collaborateurs.  Ils ont répondu « présent » et les rentrées financières ont permis de rééquiper le jardin maraîcher.

Aujourd’hui la première récolte a eu lieu, à la grande satisfaction du comité de santé et du personnel.  Bien que les résultats de cette première récolte ne soient pas encore suffisants pour résoudre les problèmes financiers du poste de santé, ils permettent d’augurer d’un très bon avenir.

UN PROJET PILOTE

AlterAfrique compte suivre ce projet de très près pendant plusieurs années.  Il accompagnera le comité de santé dans la gestion du maraîchage, et le personnel en le conseillant et en le formant dans les techniques de maraîchage.  Si les résultats sont positifs et se maintiennent sur plusieurs années, l’expérience pourra être répétée dans d’autres postes de santé.

 

 

 

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